Tracklisting : 1/ L’Etendue 2/ Ode aux oubliés 3/ Le retour du troupeau 4/ Terrefondrée 5/ La rivière 6/ Vers des lueurs 7/ L’ouverture 8/ Personne ne s’éloigne
Textes & musiques : Jean-Sébastien Nouveau et Martin Duru
Jean-Sébastien Nouveau : chant, claviers, percussions
Martin Duru : piano, claviers, guitare, basse
Rémy Kaprielan : batterie, percussions
François Clos : marimba
Mix : François Clos et Les Marquises
Mastering : Rémi Salvador
Peintures : Damien Cadio
Le titre « Personne ne s’éloigne » est un emprunt au recueil de poèmes éponyme d’Olivier Vossot publié chez L’échappée belle (2017).
Infradisque (2026)
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Six disques en un peu plus de quinze ans de carrière : depuis l’inaugural LOST LOST LOST (2010), les aventures sonores des Marquises, l’un des groupes les plus singuliers de la scène indépendante française, se poursuivent à un rythme régulier et se renouvellent à chaque fois.
Avec MALATERRE, le multi-instrumentiste lyonnais JEAN-SEBASTIEN NOUVEAU, tête pensante du projet, livre peut-être son album le plus personnel, porté par un désir éprouvé de longue date, celui de réaliser un opus intégralement écrit et chanté en français. Jusqu’alors, les Marquises oscillait avec l’anglais ; ici, la langue natale est la seule présente, un choix qui n’a rien de fortuit.
Le disque, en effet, se veut autobiographique : si l’album précédent, l’instrumental SOLEILS NOIRS (2023), évoquait les thèmes de l’exil et du départ, Malaterre se place quant à lui sous le signe du retour. Retour au lieu de naissance, retour à l’enfance. Jean-Sébastien Nouveau a grandi à la campagne, dans un petit village d’une centaine d’habitants au nord de la Bourgogne. Il en a gardé des sensations et des images ; des traces, mais aussi des mirages, des flottements et des rêves. L’enfance, pour Nouveau, n’est pas un âge passé, un état révolu ; c’est plutôt un foyer encore ardent, un tourbillon encore actif en lui. Le nom imaginaire de Malaterre – par ailleurs nom « réel » d’un scialet du Vercors – désigne l’enfance comme lieu ; tout à tour réalistes et énigmatiques, les textes du disque en dessinent l’incertaine et vibrante cartographie.
Cette quête intimiste a rejailli sur la manière même de concevoir le projet : Nouveau a opté pour une formule resserrée, la même que pour l’album LA BATTUE (2020). Il a composé et arrangé les morceaux en compagnie de son fidèle complice MARTIN DURU, qui cosigne également les paroles. Il a fait appel au batteur REMY KAPRIELAN, issu du jazz, et à François Clos, qui joue du marimba et mixe l’ensemble. Une équipe réduite pour un rendu à la fois organique et hypnotique, où se devine notamment l’influence des derniers disques de TALK TALK et de l’album « Remué » de DOMINIQUE A : les huit titres de Malaterre sont autant de variations sur le thème général, parfois courts comme des visions inachevées, parfois plus amples et foisonnants, tels des récits emprunts de mystère.
Au final, Les Marquises parvient à surprendre une nouvelle fois avec ce disque habité, radical, où l’on fait retour à la terre natale pour mieux se perdre en elle et divaguer – un opus ancré qui a la densité d’un songe.
